Pas de séance mardi prochain

Je vous informe qu’il n’y aura exceptionnellement pas de séance mardi 21 mai. Le Petit séminaire n’aura pas non plus lieu vendredi 17 mai, la dernière séance de l’année était reportée à une date ultérieure qui sera bientôt communiquée. La prochaine séance de l’ATMOC, dont le contenu sera prochainement annoncé, aura donc lieu le mardi 28 mai.

Les enregistrements de la dernière séance sont disponibles en téléchargement dans la section Séances, et en streaming ci-dessous.

Alexandre Monnin, « La philosophie et l’ontologie du web »

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Philosophie et ontologie du web

Mardi 14 mai à 15h30 en salle U/V, nous aurons le plaisir de recevoir Alexandre Monnin, spécialiste de la philosophie et l’ontologie du web, dont il nous parlera. Voici le résumé de son intervention [attention, la séance est bien à 15h30 exceptionnellement !] :

Alexandre Monnin
« La philosophie et l’ontologie du web »

internet

« C’est en prenant conscience de la richesse des débats autour de l’architecture du Web, notamment au sein du W3C, que l’idée d’une philosophie du Web a vu le jour. A première vue, le Web y figure d’abord en tant qu'objet traditionnel de recherche, qui, dans le sillage du Web Sémantique et de l’architecture du Web, entre en résonance évidente avec les problématiques classiques de la métaphysique et de la philosophie du langage. Dans cette perspective, nous étudions quelques-uns de ses composants principaux (URI, ressources).

En parallèle, nous soulignons également son importance au regard de la question du devenir de la philosophie elle-même. En effet, le travail ici entrepris ne s’est nullement contenté de projeter les concepts
a priori d’une philosophia perennis. Il a consisté, au contraire, à interroger les architectes du Web eux-mêmes pour faire émerger leur métaphysique empirique, en observant les controverses qu’elle a suscitées. Quitte, parfois, à prendre davantage au sérieux leurs propres réponses qu’ils ne le firent eux-mêmes. En outre, il s'agit rien de moins que de repenser la pratique de la philosophie en miroir de « l’ingénierie philosophique », selon l’expression de Tim-Berners-Lee, pensée ici comme la production de distinctions nouvelles (P. Livet) dans un monde en train de se faire (une activité en définitive, ontogonique).

In fine, le concept de « ressource », au coeur de l’architecture du Web, fournit une redéfinition de l’objet très riche, proche de la conception développée dans On the Origin of Objects par Brian Cantwell Smith. Nous sommes ainsi conduits, au titre d’une philosophie de l'ingénierie philosophique à mener une réflexion plus vaste sur la nature de l’objectivation et des objets (de nature "ontologique", donc, au sens de « théorie de l’objet », que revêt ce mot depuis son apparition dans le lexique philosophique au XVIIe siècle). Celle-ci rejoint des préoccupations politiques, dans la perspective de l’établissement d’un monde commun, auquel le Web participe activement. »

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Sandra Lehmann, « The metaphysics of existence »

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The metaphysics of existence

Mardi 7 mai à 16h30 en salle U/V, nous aurons le plaisir de recevoir Sandra Lehmann, venue spécialement de l’université de Vienne où elle enseigne pour nous parler, en anglais, de sa métaphysique de l’existence. Voici le résumé de son intervention [attention, la séance est bien à 16h30 exceptionnellement !] :

Sandra Lehmann
« The metaphysics of existence »

« In classical philosophy of existence, there are two ways to elaborate the problem of existence. First, existence refers to the finitude and contingency of human life that, accordingly, escapes the account of supratemporal or metaphysical reason.

Second, existence escapes the rational account but this is so because existence forms an absolute aspect of being which remains unassailable by reason. The finite character of being is a result of the mediation of reason and the absolute. However, finite temporality is not being’s definite form.

In my lecture, I will develop further the second line of existential philosophy whose starting point is the later philosophy of Schelling. The basic question is the following: What is the ontological status of the statement that there is something? In fact, the questioning has to describe an arc here between the apparently simple meaning of that-it-is and the complex problem of what that-it-is does imply for an understanding of the being of beings as such.

I will approach this question by addressing two other questions that lead right into its heart.

First, if we take the insight of classical philosophy of existence serious that existence or that-it-is escapes the rational account how can there be an access to it? In order to answer this question, I will draw on the concept of reality belief that was first highlighted by David Hume in his “Enquiry Concerning Human Understanding” and again emphasized by Friedrich Heinrich Jacobi in his discussion of Kant’s critical philosophy.

Secondly, we have to ask for the content of being qua existence. If reality belief has a direction that towards which it is directed cannot be empty. Rather, there has to be content, yet, it escapes the rational form. I will propose to understand this content as absolute, but non-phenomenal. Obviously, this is a strong metaphysical statement and I will have to show what, in my view, justifies the aggregation of existence and metaphysics that I propose. »

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Asya Passinsky, « The ontology of social objects »

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The ontology of social objects

Voici le résumé de la prochaine séance, une réflexion (en anglais) sur l’ontologie des objets sociaux, par Asya Passinsky (NYU), qui aura lieu mardi 30 avril à 17h30 en salle U/V :

Asya Passinsky
« The ontology of social objets »

social object


« Ordinary experience suggests that under certain circumstances, we can create things like money, boundaries, stocks, governments, nation-states and corporations by mere declaration. But we cannot likewise create other kinds of objects in this way. For example, we can cannot create H2O molecules, trees, tables or numbers by mere declaration. So how is it that we can create social objects in this way? I will argue against a reductivist answer to this creation-by-declaration puzzle which identifes every token social object with a token physical object, and against an eliminativist answer which maintains that social objects do not exist. I will conclude with some speculative remarks about a response-dependent answer to the puzzle, which I think is more promising.  »

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Projection : La vie est belle

Vendredi 26 mars à 20h dans l’amphithéâtre Rataud, nous poursuivons le Petit séminaire en projetant La vie est belle de Frank Capra (USA, 1946), qui sera ensuite commenté par Thibaut Giraud. Voici le résumé de son commentaire :

« Dans la dernière partie de
La vie est belle, alors que le personnage de Georges Bayley est convaincu que sa vie est un échec et qu’il aurait mieux valu qu'il ne vienne jamais au monde, un ange lui montrera de quoi le monde aurait eu l’air si en effet il n’avait pas existé. Georges Bayley constatera finalement qu’il avait tort : le meilleur monde est bien celui auquel il appartient.
Par certains aspects, cet épisode fait écho à la pensée de Leibniz, et plus particulièrement telle qu’elle est exposée dans les dernières pages des Essais de Théodicée. Leibniz y raconte comment un prêtre de Zeus, s'interrogeant sur la raison pour laquelle un mal particulier devait être commis, est invité à visiter la ‘pyramide’ des mondes possibles, pour finalement constater que le meilleur des mondes est bien le monde actuel qui contient ce mal particulier.
On retrouve ainsi dans le film d’une part l’idée que l'importance d'un mal doit être relativisé au monde entier auquel il appartient (et peut éventuellement se révéler avoir de bons effets), et d’autre part l'idée que l’existence de notre monde doit être justifiée par comparaison avec ses autres versions possibles. Malgré ces convergences intéressantes, nous verrons cependant qu’il est difficile de comprendre le film de Capra dans une perspective leibnizienne. »

Wonderful_Life

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Enregistrement : le panpsychisme

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Frédéric Nef, « Réflexions sur le panpsychisme »

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Le panpsychisme

Voici l’intitulé de la prochaine séance, qui aura lieu mardi 16 avril à 17h30 en salle U/V :

Frédéric Nef
« Réflexions sur le panpsychisme »

panpsychism

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Jean-Marie Chevalier, « L’empreinte du monde »

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L'empreinte du monde

Voici le résumé de la prochaine séance, une rencontre avec Jean-Marie Chevalier, qui aura lieu mardi 9 avril à 17h30 en salle U/V :

Jean-Marie Chevalier
« Les formes logiques et métaphysiques »
Discussion autour de
L’Empreinte du monde

empreinte-du-monde

« Les philosophes, d’Aristote à Wittgenstein, prétendent utiliser la logique pour en tirer des vérités sur la nature des choses. Mais la méthode de ce passage a rarement été explicitée. Si la connaissance métaphysique requiert un détour par la pensée formelle, sans doute est-ce parce que nous ne connaissons du monde que les formes et non la matière. Aussi pouvons-nous tout au plus espérer recueillir l’empreinte du monde dans notre esprit.
Les formes de la pensée objective qui s’offrent dans les sciences formelles ne constituent pas seulement la face connaissable du monde mais aussi sa plus grande perfection et sa plénitude ontologique, de sorte qu’elles nous présentent des signes des structures fondamentales de l’être. C’est pourquoi la sémiotique est particulièrement qualifiée pour accompagner ce cheminement de la logique jusqu’à la métaphysique. En se laissant guider par la philosophie de Peirce, le présent livre se met en quête des empreintes laissées par les formes pures et interroge leur rapport avec le monde physique d’une part, avec notre pensée de l’autre. »

L’empreinte du monde est publié aux Éditions Ithaque.

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Raphaël Millière, « Dieu est-il un zombie ? »

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Dieu est-il un zombie ?

Voici le résumé de la prochaine séance, qui aura lieu mardi 2 avril à 17h30 en salle U/V :

Raphaël Millière
« Dieu est-il un Zombie ? »

zombie-god

« Les philosophes contemporains de l’esprit appellent ‘zombies’, en référence à la
pop culture, des êtres qui seraient extérieurement indissociables des êtres humains, et dont le comportement serait strictement identique, mais qui n’auraient aucune expérience consciente. Si le physicalisme — la thèse selon laquelle tout ce qui existe est entièrement déterminé par des propriétés physiques — est correct, alors un monde physiquement semblable au nôtre dans lequel n’existeraient que des zombies devrait être impossible (car la conscience devrait nécessairement survenir sur des états physiques identiques à ceux de notre monde). Or un tel monde est concevable, et partant logiquement possible : tel est l’argument antiphysicaliste mobilisé par des philosophes tels que David Chalmers à l’appui d’une thèse dualiste, selon laquelle il existe des propriétés mentales irréductibles aux propriétés physiques, expliquant ainsi l’existence des expériences conscientes. Je souhaiterais détourner ce débat de son lieu d’origine pour le transposer au domaine de la philosophie de la religion. La thèse que je tenterai d’accréditer est la suivante : si Dieu existe, alors nous avons des raisons de considérer qu’il n’a pas d’expériences conscientes. En d’autres termes, Dieu serait un zombie divin, indissociable pour les croyants d’un Dieu conscient, et qui pourtant n’aurait aucune forme de conscience. Mon argument s’attachera à montrer l’incohérence de la notion de ‘perspective divine’ à travers une réflexion sur quelques attributs classiquement conférés à l’être suprême dans les religions monothéistes, notamment l’omniscience et l’omniprésence. Je dégagerai au terme de mon analyse plusieurs manières cohérentes de concevoir Dieu, pour privilégier l’option qui sauvegarde l’omniprésence et l’efficience causale au détriment de la conscience. Je conclurai en faisant valoir quelques avantages théologiques de l’hypothèse du Dieu-Zombie, notamment sur le terrain des problèmes de théodicée. »

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Julie Fontaine, « Les intuitions modales de nécessité »

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Les intuitions modales

Voici le résumé de la prochaine séance, qui aura lieu mardi 26 mars à 17h30 en salle U/V :

Julie Fontaine
« Les intuitions modales relatives aux jugements de nécessité »

« Mon exposé portera sur nos intuitions de nécessité. Avant d’en venir à la question de leur épistémologie, je commencerai par résumer les différentes positions qui ont été défendues et je conserverai de ces discussions l’approche conceptualiste. Je suggérai quelques réponses aux objections bien connues qui ont été faites au conceptualisme. Et je me concentrerai davantage sur le problème d’un accès épistémique et aléthique à des vérités d’ordre métaphysique. J’essayerai de déterminer dans quelle mesure et à quelles conditions un accès de ce type est tenable. À cette fin, je proposerai d’abord une approche régressive, partant de laquelle nos intuitions de nécessité sont des intuitions de négation -i.e., « nécessairement p si et seulement s’il est contre-intuitif que non(p) » ou que « non[non(non p))]»* (fin de la régression). Parce que c’est peut-être bien ce que nous trouvons contre-intuitif, plutôt que ce que nous trouvons intuitif, qui détermine nos intuitions de nécessité, une révision s'impose. D’abord, nos jugements de nécessité ne sont pas aussi immédiats que nous le présumons. Ensuite, c'est l’élimination d'alternatives concevables qui nous conduit à juger un énoncé ou un état de chose comme nécessaire, d'un point de vue métaphysique. Enfin, il faut rendre compte de l’attitude qui conduit à ce type de dialectique, et revoir ainsi radicalement la façon dont nous concevons le rôle de nos intuitions en métaphysique.

*
Grosso modo, avoir l’intuition que nécessairement p, c’est trouver contre-intuitif de dire que c’est faux qu’il soit faux que p soit faux (en dernière analyse). »

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Thibaut Giraud, « Actualiste et meinongien à la fois, II »

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